Devenir assistante sociale

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«Le métier d'assistante sociale, c’est entre le psychologue,

l’avocat et le flic »

 


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Derrière cette affirmation un peu provocante se cache la réalité du terrain, certainement moins lisse et policée que celle que présentent les guides d'orientation sur les métiers du social...

Pour faire ce métier aussi appelé assistant de service social, il faut avoir la vocation, une personnalité, et l'envie d'apporter un plus à la société dans laquelle nous vivons.

 

Autrement dit, ce n'est pas un métier vers lequel n'importe qui peut s'orienter sans réflexion, sans certitude ni aspiration.

 

Afin d'y voir plus clair et de vous apporter des éléments concrets sur le métier d'assistante sociale, cette semaine les journalistes de www.biensorienter.com ont été accueillis par Claire Martin, Assistante Sociale pour une collectivité territoriale.

 

Elle répond à nos questions.

 

- Bonjour Claire Martin, merci de nous recevoir. Beaucoup de jeunes, qu'ils soient lycéens ou étudiants, se demandent quel type d'études il faut suivre pour être assistant(e) social(e). Pourriez-vous nous présenter votre parcours scolaire ?

 

J'ai fait une partie de mes études secondaires dans un lycée général et technologique à Angers où j'ai passé un BAC général ES (économie et social) en 2004.

 

Suite à cela, j'ai suivi une préparation au concours d’assistante sociale pendant 6 mois pour pouvoir rentrer en école d'assistante sociale.

Je l'ai obtenu et cela m'a permis d'intégrer l'école d’assistante sociale où j'ai appris mon métier de 2005 à 2008.

Cette formation a été sanctionnée par l'obtention de mon diplôme en 2008.

 

 

- A quel moment de votre scolarité avez-vous su que vous vouliez devenir assistante sociale ?

 

Durant mon année de première au lycée, je me suis rendue compte que j'avais toujours voulu travailler avec du public, en particulier pour pouvoir aider "les autres". C'est l'idée de pouvoir les accompagner au quotidien qui m'a convaincue.

 

 

- Et comment avez-vous eu cette idée de métier ? Comment avez-vous fait pour vérifier que vous faisiez le bon choix ?

 

J'avais dans mon entourage des connaissances qui exercaient le métier d'assistante sociale, cela m'a permis d'échanger avec eux au sujet de mon projet. Par la suite, j'ai eu l'occasion et j'ai aussi fait en sorte de rencontrer différents professionnels exerçant cette profession, cela m'a permis de conforter ma décision...

 

Après, le meilleur moyen de vérifier que l'on a fait le bon choix, c'est en allant sur le terrain, c'est la raison pour laquelle les stages ont une véritable importance lorsque l'on a l'opportunité d'en faire.

A ce propos, il est important de savoir qu'il est quasiment impossible de réaliser des stages avant d'avoir intégré une école d'assistante sociale, car compte tenu du secret professionnel que nous impose notre profession, nous ne pouvons pas prendre de stagiaire en dehors d'un parcours de formation d'assistante sociale.

 

 

- Pourriez-vous nous détailler votre parcours post bac et nous dire pourquoi vous avez fait ces choix d'orientation ?

Quelles étaient vos attentes à l'époque ?

 

Une fois mon BAC ES obtenu, j'ai décidé de faire une préparation au concours d’entrée en école d’Assitante Sociale, je pensais que c'est ce qui pouvait le mieux me préparer. Mes attentes étaient d'avoir de meilleures connaissances sur cette profession, car comme je vous l'ai dit précédemment il est difficile d'effectuer des stages avant d'être en formation.

 

Par la suite, après avoir réussi à entrer en école d’Assistante Sociale, j'ai étudié un programme qui nous prépare à l'obtention du diplôme d’état, il faut savoir que ce diplôme est indispensable pour exercer notre métier.

 

A propos du métier d'assistante sociale, juste une remarque : au quotidien nous disons assistante sociale, mais depuis peu le métier a changé d'appellation puisque désormais l'on parle d'ASS, d'assistante de service social.

 

 

- A aucun moment vous avez hésité avec d'autres métiers ? Aviez-vous envisagé d’autres filières pour vous orienter ?

 

Non, je n'avais pas d'autres idées mais je savais que les connaissances acquises dans différents domaines, le juridique, le social, la psychologie, l'économie… me donneraient dans tous les cas accès à d'autres possibilités de métiers.

 

 

- Savez-vous sur quels types de postes et dans quels types d’entreprises vos amis de promo travaillent-ils aujourd’hui ?

 

On les retrouve sur des postes d'assistantes sociales au sein de différentes structures ou organismes :

 

  • le service social d'un Centre hospitalier
  • des centres spécialisés comme des hôpitaux psychiatriques, des instituts médico-psychologiques, des instituts médico-éducatifs …
  • des collectivités territoriales comme les conseils généraux, les communes
  • d'autres organismes comme la CPAM, la CAF…

 

Il est également possible de travailler au sein de l’éducation nationale, d’entreprises, en gendarmerie, dans la police, au sein des armées…

 

 

 

 


 

 

 

 

 

- Quelles sont vos responsabilités et missions aujourd’hui dans votre entreprise ?

 

Je n'ai pas de responsabilités hiérarchiques mais nous sommes responsables des actes professionnels que nous pratiquons, de nos écrits aussi, notamment pour les signalements qui relèvent de la protection de l’enfance.

Je peux aussi vous donner les missions d’une assistante de service social dite "de polyvalence de secteur", c'est à dire qui intervient sur un secteur géographique donné :

 

  • la prévention et la protection de l’enfance
  • l'insertion sociale et / ou professionnelle
  • l'accès aux droits
  • l'aide au logement
  • la gestion de budgets
  • les questions de santé
  • l'assistance aux personnes âgées, aux personnes handicapées…

 

 

- Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste précisément ? Dans quel environnement évoluez-vous, quels sont vos contacts avec les gens, rencontrez-vous des difficultés ?

 

Nous rencontrons les personnes au bureau ou lors de VAD (visite à domicile), notre travail est de les accueillir, les écouter, les informer, les orienter…

Il faut rappeler que le but est d'évaluer chaque situation dans sa globalité, cela nous permet de déterminer les besoins de chacun afin d’y répondre au mieux.

 

En fin de compte, notre mission est d'accompagner les personnes, des familles, des groupes… J'insiste sur le mot "accompagner" car nous travaillons à la résolution de leurs difficultés avec eux et non pas à leur place.

A travers cette démarche, notre objectif est entre autre de renforcer l’autonomie des individus.

 

Nous pouvons être sollicités par la personne elle-même, sa famille ou son entourage, ou même par un groupe de personnes. Nous pouvons aussi être sollicités par un organisme ou une institution extérieure.

Nos interventions peuvent être déclenchées par une information préoccupante donnée par un tiers concernant des situations d’enfants ou d'adultes en danger.

C'est une question délicate mais il faut rappeler que cette profession est soumise au secret professionnel.

 

Enfin, nous pouvons également participer ou mettre en œuvre des actions collectives.

 

 

- Quelles sont selon vous les qualités et les compétences dont il faut disposer pour exercer le métier d'assistante sociale ?

 

Il faut une bonne connaissance des dispositifs et des politiques sociales dans la mesure où nous participons à leur mise en œuvre.

De bonnes capacités relationnelles, quelque soit le profil du public que nous accueillons, sont par ailleurs indispensables. Cela se traduit par de l'écoute, une capacité à informer, conseiller, orienter.

Il faut aussi être capable d’analyser, d’organiser… et enfin il faut savoir et aimer travailler en équipe.

 

 

- Aujourd’hui on entend souvent dire que les mentalités changent au sein de notre société, que les personnes sont de plus en plus individualistes... y a-t-il selon vous une évolution des mentalités et est-ce que vous la ressentez au quotidien ?

Est-ce que les rapports humains sont plus compliqués que par le passé ?

 

Oui et non… mais il est vrai que nous devons faire face à beaucoup de solitude, d’isolement des personnes.

Ceci étant dit il y a différentes formes de solidarités au sein de notre société : entre voisins par exemple ou entre compatriotes d'un même pays.

Je pense que les changements de mentalité sont un phénomène social qui a toujours existé d'une génération à l'autre, cela évolue constamment.

 

 

- Est-ce que d'après vous votre métier sera amené à évoluer ? Si oui dans quelle direction ?

 

C'est difficile de répondre à cette question : notre métier évolue en permanence, c'est sûr ... mais je ne pourrais pas vous dire vers quelle direction.

 

 

- Revenons sur le thème de l'orientation scolaire : si vous deviez donner un conseil à un jeune au sujet de son orientation, que lui diriez-vous ?

 

Je lui dirais qu'il faut qu'il prenne son temps, qu'il ne prenne pas de décision sur un coup de tête ou en fonction d'une lubie... et aussi qu'aucun choix n’est définitif.

Je pense qu’aujourd’hui, dans notre vie professionnelle, on est amené à changer plusieurs fois de métiers, donc véritablement rien n’est définitif.

 

 

- Par quoi avez-vous envie de conclure cet entretien ?

 

Concernant mon métier, j’ajouterais une remarque intéressante, celle d’une jeune stagiaire qui est venue pendant une semaine découvrir notre métier : « assistante sociale, c’est entre le psychologue, l’avocat et le flic ».

 

 

Propos recueillis par Edouard Brisson