Devenir soigneur animalier

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"Le métier de soigneur animalier est le plus beau métier du monde.

Si on aime vraiment les animaux, il faut persévérer pour y arriver."

 

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Travailler avec les animaux : métier, passion ou vocation ? 

Probablement les trois !

 

Comment devenir soigneur animalier ? Quelles sont les qualités requises pour faire ce métier ? Y a-t-il un parcours type, une formation spécifique pour trouver un emploi en tant que soigneur animalier ? Au quotidien, comment se passe le métier de soigneur animalier ?

 

Une chose est sûre, c'est que ce n'est pas un métier comme les autres ! 

 

Cindy Hervouet, soigneur animalier au parc animalier Planète Sauvage situé à Port Saint Père, nous en dit plus.

 

- Pierre-Yves Martin : Bonjour Cindy, pourriez-vous nous présenter votre parcours scolaire et professionnel ?

 

Cindy Hervouet : J’ai d’abord passé mon bac S puis je me suis orientée vers une formation de soigneur animalier.

Trois écoles préparent à cette formation, mais pour postuler à l'une d'entre elles il faut avoir de l’expérience et un minimum de connaissances du métier de soigneur, ce qui passe par des stages en zoos. C'est ce que j'ai fait avant d'être acceptée en formation.


 

- Comment et pourquoi êtes-vous arrivée au métier de soigneur animalier ?


Je souhaitais travailler avec les animaux. Les voies les plus connues sont souvent celle avec les chiens, les chevaux, les vaches … mais cela ne m’intéressait pas. En faisant des recherches sur Internet, j’ai trouvé des informations sur le métier de soigneur animalier qui permettait de travailler avec des animaux sauvages. Mon projet s’est fait assez rapidement et les stages ont conforté mon choix.

J’ai ensuite trouvé les écoles qui proposaient cette formation et j’ai envoyé ma candidature.

 

 

- Quel sont selon vous les formations les plus adaptées pour devenir soigneur animalier ? Y a-t-il un parcours type ?

 

Le mieux est de faire une des trois écoles en France qui proposent la formation de soigneur animalier : le CFAA du Lot à Gramat, le CFPPA du Loir-et-Cher à Vendôme, ou l'Institut Rural La Charmelière de Carquefou en Loire Atlantique.

Ce sont des formations professionnelles sous forme de stages et de cours pratiques et théoriques. Les parcs connaissent bien ces écoles et on l’habitude d’embaucher des jeunes qui sortent de ces écoles.

 

 

- Faut-il être bon en sciences et mathématiques pour accéder au métier de soigneur animalier ? Autrement dit, faut-il passer un bac S ?


Il est plus intéressant d’avoir un bac car les écoles de Vendôme et Gramat le demande pour y être accepté.

Un bac S, pas spécialement car durant ma promotion des élèves sortaient de bac L ou ES.

La matière scientifique qui va être étudiée lors de l’année scolaire est la biologie, elle est accessible à tous et il n'est pas spécialement nécessaire d’avoir des bases scientifiques pour bien la comprendre.

 

 

- Quelles sont les qualités et compétences requises pour le métier de soigneur animalier ?


Pour les qualités, il faut bien sûr être ponctuel, observateur et pédagogue car on peut être amené à faire des animations (et bien sûr le parc accueille des visiteurs tous les jours). Il faut également aimer les animaux !

S'agissant des compétences, il faut savoir travailler en équipe, être bricoleur (pour l’entretien des enclos), avoir une bonne condition physique et être prudent (la sécurité pour les animaux, les animaliers et les visiteurs est très importante).

La communication a un rôle très important que ce soit avec ses responsables, ses collègues de travail et les visiteurs.

 

 

- Quelles sont les conditions de travail du métier de soigneur animalier ? Dans quel type d’environnement et d’entreprise retrouve-t-on généralement ce métier ?


Les conditions de travail sont les suivantes : travailler dehors été comme hiver, le travail est assez physique (port de charges, passage d’enclos, poids du matériel utilisé pour le nettoyage…), travailler le week end et les jours fériés. Et nous avons un contact régulier avec les visiteurs.

Le premier endroit où l’on va rencontrer des soigneurs animaliers est dans les parcs zoologiques. Ensuite, on peut nous rencontrer dans les refuges et les centres de soins mais il y a moins de postes à pourvoir.

 

 

- Considérez-vous que votre métier de soigneur animalier est proche du métier de vétérinaire ? Quels sont les points communs et les différences ?


Nous sommes complémentaires avec les vétérinaires. Lors des soins (opérations, blessure à soigner …) nous assistons le vétérinaire et nous pouvons effectuer les soins suivants : piqûre d’antibiotique, nettoyage d’une plaie si cela est possible (en fonction de l’animal). Nous sommes le lien direct entre le vétérinaire et les animaux. Dès que l’on repère un animal malade, on le signale au vétérinaire qui fait le diagnostic et décide de la suite à donner.


La grosse différence entre les métiers de soigneur animalier et de vétérinaire est que nous n’avons pas eu de formation de base en chirurgie et que nous ne connaissons pas ou très peu les médicaments à administrer pour telle ou telle espèce en fonction du problème détecté.


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- Au sein du parc nous rencontrons différents types d'animaux, originaires d'écosystèmes différents. Afin de mieux comprendre les spécificités de votre métier, pourriez-vous nous en dire plus sur les différences entre les métiers de soigneur de dauphin, soigneur d’animaux de la faune africaine, et soigneur d’animaux plus classiques ?


Les soigneurs de dauphins ne travaillent qu’avec une espèce alors que les autres soigneurs animaliers ont plusieurs espèces différentes à leurs charges. La faune africaine compte des espèces assez grandes telles que des girafes, des éléphants, des hippopotames… qui sont des animaux qui demandent des conditions de sécurités importantes.

Mais le travail reste le même, on surveille l’état de santé des animaux, on s’occupe du nourrissage, en fonction des espèces on fait des spectacles, de l’entraînement médical et on aménage leur environnement.

 

 

- Votre métier de soigneur animalier appartient à la catégorie des métiers « passion », vous êtes sans doute d’accord… ? Quel plaisir tirez-vous du contact avec les animaux ? En quoi ce rapport avec des êtres vivants vous touche au plus profond de vous-même ? 


Oui c’est un métier passion, la passion pour les animaux. Ce qui m’importe, c’est de m’occuper d’eux au quotidien et de m’assurer qu’ils ne manquent de rien. J’aime être en contact avec eux pour les observer, voir leurs comportements surtout lorsque ce sont des espèces qui ne sont pas habituellement sur notre territoire. Un moment privilégié est le nourrissage, on peut les approcher au plus près et les admirer. Ce n’est pas donné à tout le monde…

 

 

- Etes-vous déjà allée au contact d’animaux dans leur milieu naturel ? 


Non, je n’ai pas encore eu cette occasion, mais c’est le rêve de tout soigneur : pouvoir les observer sans clôtures ou barrières doit être un grand moment.

 

 

- Pourriez-vous nous dire quels sont les souvenirs les plus marquants de votre carrière ?

 

Les souvenirs qui marquent beaucoup sont les naissances : cela fait toujours plaisir de constater que les animaux se reproduisent bien, c'est le signe que le milieu dans lequel nous leur permettons d'évoluer est bien adapté.


Par ailleurs je me souviens d'anecdotes, notamment lorsque l’on fait des captures, car il arrive toujours des petits couacs : on se prend la clôture avec l’épuisette que nous utilisons, lorsque le sol est glissant dans un enclos (due à la pluie) on est obligé d'assurer les gamelles, ou bien encore les crocos qui ne sont pas très contents que l’on s’occupe de nettoyer leur terrarium et qui par surprise s’avance un peu trop près de nous !

 

 

- Lorsque l’on pratique un métier tel que le vôtre, c’est rarement le fruit du hasard, en tous cas cela n’est pas anodin : au-delà du plaisir que vous prenez à exercer votre métier de soigneur animalier, quel est votre moteur ? Avez-vous un idéal en rapport avec votre métier, souhaitez-vous accomplir quelque chose ?


La première chose est la conservation des espèces : nous savons que leur nombre diminue tout les jours et cela à cause de la destruction de leur milieu naturel. Rappelons que cette destruction se fait par l’homme. On tâche (à notre niveau bien sûr) d’aller dans le sens inverse et de protéger ces espèces. Le mieux c'est lorsque certains individus sont réintroduits dans leur milieu naturel : à ce moment là, on se dit que l’on a vraiment agit dans le bon sens.

 

 

- Adressons-nous désormais à nos jeunes lecteurs et à leurs parents : au sujet de la nature et des animaux, y a-t-il un message que vous aimeriez leur faire passer ?


Oui : faites attention à tout ce que vous jetez. Il existe des moyens mis à disposition pour les déchets, le recyclage… c’est important pour ne pas détruire le milieu où vivent tous ces animaux.

 

 

- Et au sujet de l’orientation scolaire, si vous deviez donner un conseil à un jeune, que lui diriez-vous ?


Il est préférable de faire un bac et de faire des stages pour connaître le métier de soigneur animalier. Il existe aussi une autre solution, trouver un contrat de professionnalisation dans un parc. Mais les places sont plus dures à trouver.

 

 

- Souhaitez-vous ajouter quelque chose que nous n’avons pas évoqué ?


Lorsque l’on commence dans ce métier, on ne choisit pas forcément les espèces avec lesquelles on voudrait travailler. Il faut tout de même mettre un pied à l'étrier et rentrer dans le « monde » des soigneurs, cela permet ainsi d'être plus au courant des postes à pourvoir.

 

 

- En quelques mots par quoi aimeriez-vous conclure cette interview ?


Le métier de soigneur animalier est le plus beau métier du monde. Si on aime vraiment les animaux, il faut persévérer pour y arriver.

 

 

Propos recueillis par Pierre-Yves Martin