Travailler dans l'audiovisuel

Les métiers
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Pour travailler dans l'audiovisuel, quelle formation faut-il suivre : une école audiovisuelle, un BTS audiovisuel ?

 

 

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C'est sans aucun doute la question que se posent de nombreux jeunes bacheliers qui souhaitent travailler dans ce secteur.

 

Ce secteur, et les métiers qu'il propose, en fait rêver plus d'un(e) alors qu'en termes de débouchés professionnels il y a plus de demandes que d'offres...

 

Il est donc primordial de bien penser son orientation avant de s'engouffrer dans des études d'audiovisuel :

 

faut-il faire tout son cursus post bac dans la même école ? Ne vaut-il mieux pas faire une première formation courte type BTS ou DUT ? Que penser des Licences spécialisées que proposent les universités ? On dit souvent que tout se passe sur Paris, est-ce vrai ? Et comment vont évoluer ces métiers avec l'avènement du web et des you tube et autres télés online ? Quel va-t-être l'impact des nouveaux produits multimedia (iphone, tablettes numériques, ...) ? 

 

Pour répondre à toutes ces questions, nous avons interrogé Timothée Brisson, chargé de l'autopromotion à la direction artistique de France 4.

 

 

- Bonjour Monsieur Brisson, pourriez-vous nous présenter votre parcours scolaire ?


Après un BAC L, j’ai opté pour une formation courte et pratique à l’IUT d’information et communication de Tours en option documentation d’entreprise (DUT INFOCOM GIDO, Information-Communication option Gestion de l'information et du document dans les organisations).

J’ai ensuite prolongé mes études de 2 années avec à la clé l'obtention d'une MST (Maîtrise de Sciences et Techniques, équivalent d’une M1) en audiovisuel et multimédia au sein de l’IMAC, un institut rattaché à l’université de Paris 2 – Assas.

 

 

- A quel moment de votre scolarité avez-vous su que vous vouliez travailler dans les media ?

 

J’ai toujours été attiré par les médias. Grâce à mes stages et à mon cursus universitaire je me suis rapproché petit à petit des domaines de l’audiovisuel et du multimédia. C’est donc durant mes études supérieures que j’ai décidé de travailler dans ce secteur.

 

 

- Comment avez-vous eu cette idée de métier et qu’est-ce qui vous a convaincu de votre choix ?


Tout a commencé quand j’ai eu l’idée d’effectuer mon stage de première année de MST (niveau M1) au sein du service de l’autopromotion d’une chaîne de télévision, en l’occurrence La Cinquième (France 5).

J'ai eu cette idée de stage car je trouvais intéressant le concept des bandes annonces : partir d'un produit finalisé (long métrage, documentaire, série, magazine...) et devoir concevoir une bande annonce en fonction de la ligne éditoriale de la chaîne et du message à communiquer au téléspectateur.

 

Ce stage puis un deuxième dans le même domaine m’ont fait découvrir toute la dimension et l’importance que revêtait une direction artistique au sein d’une chaîne de télévision : non seulement la production des bandes annonces, mais aussi tous les éléments qui « habillent » l’antenne et qui contribuent à lui donner une identité, un ton, une couleur.

C’est la combinaison de ces aspects (rédactionnel, technique, graphique) réunis en un même corps de métier qui m’a définitivement donné envie d’évoluer vers celui-ci.

 

 

- Pourriez-vous nous reparler de vos formations post bac : pourquoi avoir choisi celles-ci en particulier ? Qu’attendiez-vous exactement ?

 

Après le bac, j’ai d’abord choisi de suivre un DUT Information et Communication à l’IUT de Tours (Institut Universitaire Technologique de l'université de Tours) avec option documentation d’entreprise. J’ai ensuite décidé de me spécialiser dans l'audiovisuel et le multimedia en suivant une MST (Maîtrise de Sciences et Techniques) pour approfondir mes connaissances dans ces deux domaines.

J’ai fait ces choix de formations car elles présentaient les mêmes qualités : elles étaient courtes et relativement encadrées.

Et surtout, leur principale qualité était à mes yeux leur aspect concret : des cours souvent accompagnés de travaux pratiques, de mises en situation, et une année qui se termine par un stage en entreprise afin d’appliquer les notions acquises en cours.

C’est justement cet aspect concret et pratique que j’attendais, contrairement à une formation universitaire classique qui aurait été plus théorique et moins encadrée.

 

 

- A l’époque aviez-vous pensé à d’autres filières pour vous orienter ? Quelles étaient vos autres pistes possibles de métiers ?


Compte tenu de mon choix pour une série littéraire au BAC, j’avais fait des demandes en prépa littéraire (hypokhâgne), en faculté de lettres classiques ainsi qu’en journalisme. J’avais ainsi pensé aux métiers de l’enseignement et du journalisme.

 

 

- Savez-vous quels postes occupent vos amis de promo aujourd’hui, dans quelles entreprises ils travaillent ?

 

Pour ce qui est de l’IUT, les trajectoires et les postes occupés sont assez variés : documentalistes, archivistes, journalistes... spécialistes de l’information donc. On les retrouve dans des collectivités territoriales, des centres de formation et différents secteurs d’activité.

 

En ce qui concerne ceux qui étaient avec moi en MST (M1) à l'IMAC, certains sont devenus chefs de projet multimédia ou audiovisuels.

La majorité s’est spécialisée dans un chaînon de la production audiovisuelle ou informatique : réalisation, webdesign, développement informatique de logiciels, effets spéciaux dans l’industrie du cinéma, PAO, conception multimédia, etc.

Mais globalement ils travaillent plutôt dans le multimédia.

 

 

- Pourquoi selon vous ?


Le multimédia (et l’informatique plus généralement) est un secteur qui offre un nombre de débouchés plus important, il est plus facile d'y trouver un emploi.

 

 


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- Parlons de votre emploi actuel :  quelles sont vos responsabilités et missions aujourd’hui au sein de France Télévisions ?

 

Je suis chargé de l’autopromotion au sein de la direction artistique de France 4. J’y assure le suivi de la production de tous les éléments d’autopromotion et d’habillage de l’antenne, en relation avec notre prestataire technique.

 

 

- Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste : quelles sont vos missions au quotidien, les difficultés rencontrées ?


C'est un volet du monde de l’audiovisuel qui reste méconnu du grand public.

La direction artistique d’une chaîne de télévision a pour mission de donner une identité visuelle et sonore à son antenne à travers sa charte et ses éléments « d’habillage antenne » :

 

 

Bref, tout ce que vous voyez sur une chaîne qui n'est ni un programme ni de la publicité !

Ces éléments sont produits de manière quotidienne chez un prestataire de services dont l'équipe est composée de monteurs, graphistes, rédacteurs, ingénieurs du son, comédiens (voix off).

 

Pour résumer, mes missions sont par conséquent de :

 

 

 

- Actuellement on entend de plus en plus parler de l’émergence de la télévision sur internet, de la multiplication des chaînes…

Pensez-vous que cela aura des conséquences sur votre métier ? Plus globalement quels sont les métiers qui vont être impactés ?


Oui, cette évolution a d’ores et déjà un impact sur mon métier.

Il n’est plus seulement question de produire des éléments d’autopromotion uniquement pour l’antenne, il faut aussi le faire pour la diffusion sur internet (france4.fr, Twitter, Facebook, Youtube...), c'est la raison pour laquelle nous fabriquons de plus en plus de bandes annonces ou de teasers spécialement dédiés à cela.

 

S'agissant de la multiplication des chaînes et des supports de communication, ce sont les métiers de l’autopromotion, de la communication (une branche communication on line a été mise en place à France Télévisions), de l’interactivité (avec le développement de la télévision de rattrapage, la « catch up » disponible sur le site pluzz.fr) mais aussi de l’administration des programmes (qui doit prendre en compte tous ces supports de diffusion dans les contrats signés avec les fournisseurs de programmes) qui sont touchés.

 

 

- Selon vous, est-ce difficile de trouver un emploi dans le milieu de l’audiovisuel ?


Même si le nombre de chaînes s’est multiplié avec l’arrivée de la TNT, l’offre en matière d’emplois reste tout de même moins importante que la demande.

L’audiovisuel est un secteur qui suscite énormément d'intérêt, notamment auprès des jeunes, mais malheureusement le nombre de postes proposés reste limité ...

 

 

- Est-il possible de trouver du travail dans les media ailleurs qu’en région parisienne ?

 

Il est certain que la région parisienne qui concentre un grand nombre de média, tout support confondu, propose fatalement plus de possibilités.

On peut néanmoins trouver du travail dans le reste de la France !

Les autres régions regroupent bon nombre de radios, de titres de presse papier, de sites web, et de télé locales ou régionales (avec les antennes de France 3 régions, mais aussi les chaînes locales qui ont vu le jour grâce à la TNT).

 

 

- Vous travaillez pour France Télévisions, en quoi est-ce différent d'une autre chaîne de télévision ?


En raison de sa mission de service public, France Télévisions possède un cahier des charges qui lui est propre.

Il y a un certain nombre de règles à respecter, que ce soit en rapport avec le nombre d’œuvres françaises à diffuser, le type de programme, les différences, la diversité...

 

Pour ce qui est de mon métier, la suppression de la publicité après 20 heures (spécifique à France Télévisions) a entraîné la mise en place de diffusion « d’idents », des modules courts propres à chaque chaîne puisqu’ils renforcent l’identité, l’ADN de chaque chaîne.

Ceux de France 4 mettent en scène quatre (!) sosies dans des situations quotidiennes propres à leur tranche d’âge (15-34 ans).

 

 

- Si vous deviez donner un conseil à un jeune au sujet de son orientation, quel serait-il ?

 

Prendre son temps, ne pas trop se cantonner à des idées arrêtées, et surtout ne pas négliger les stages en entreprise qui permettent d’affiner ses choix d’orientation et qui sont plus formateurs que tout !

 

 

- Pour conclure avez-vous quelque chose à ajouter ?

 

Non, je crois que j’ai été assez bavard !

 

 

 

Propos recueillis par Pierre-Yves Martin